Comme nous lavons
vu plus haut, lactivité professionnelle de Jacques
ne lempêchait pas de se soucier du mariage de sa
fille (ou ses filles ?), il savait joindre lutile
à lagréable, en habile stratège, bien la marier.
En plus de son entourage familial, amical et du pays de
Fôt quil savait faire monter au créneau, il en
fit descendre, le temps dépouser sa fille de
quinze ans (selon Anne Blanchard mais je pense
quelle était encore plus jeune), un parti fort
profitable pour sa carrière, et le souhaitait-il, celle
de ses descendants. Pour cela il lui fallait un homme de
valeur ou tout au moins quil considérait ainsi,
avec suffisamment dambition pour occuper les plus
hautes fonctions de direction.
Laffaire fut faite lorsquil choisit pour la
jeune Marie Marguerite, en 1700, un certain Antoine du
Portal. Pur produit du Marquis dAsfeld, qui avait
reçu sa formation de Vauban et Le Pelletier, dont
Jacques goûtait fort les capacités, mais cordialement
détesté du très brillant ingénieur Cormontaigne. De
plus Jacques pouvait retrouver en lui, le même type
dorigines familiales que les siennes.
Marie Marguerite, neut pas le choix. Née vers
1688, ou 1685, mariée en 1700, décédée en 1712, (elle
na que 24 ou 27 ans), laissant cinq enfants.
Antoine du Portal était un Languedocien dorigine
familiale, né à Montpellier le 17 mars 1672, baptisé
le 24 du même mois, fils dAntoine, praticien
suivant les finances, lui même fils dautre Antoine
(1604+1665) laboureur, et de léonarde Noguier,
ménagère (ne pas confondre avec une femme de ménage
comme on lentend aujourdhui), et
dAntoinette Bernine (Al. Berny) ( 1650+1680), fille
de Thomas, capitaine des portes de la ville et de Jeanne
Broué.
Antoine du Portal, orphelin, lieutenant au régiment de
Béarn à lâge de 14 ans en 1686, avait été
envoyé dés lâge de sept ans en Alsace, sous la
tutelle de ses oncles maternels de la Sablière.
...Monsieur de Louvois, qui les
estimait, me nomma ingénieur le premier janvier 1686,
depuis ce temps là et plus de quarante ans après,
javais perdu de vue ma patrie...
écrivait-il un jour.
Comme nous lavons vu, la combinaison de Jacques
Tarade réussira un temps et Antoine sera Directeur des
fortifications dAlsace, avec une brillante
carrière.
Après avoir été affecté à Belfort en 1686 auprès de
ses oncles de la Sablière, qui se sont occupés de son
éducation, il fut envoyé à Landau en 1687, fit les
campagnes de Palitina en 1688, des Pays Bas en 1692 et
dans les années suivantes, capitaine réformé au
régiment dAunis en 1694, à Phalsbourg. De retour
à Belfort en 1696, il était ingénieur en chef lors de
la paix de Ryswick et chargé de surveiller la
construction de Neuf-Brisach. Campagnes dAllemagne,
après son mariage, de 1702 à 1709, comme brigadier des
ingénieurs. Il eut à faire lexpédition de
Bavière en 1703, et fut nommé chevalier de Saint Louis
à cette date. Etait à Strasbourg en 1709. Commanda
les ingénieurs de larmée dAllemagne
de 1711 à 1713. Brigadier dinfanterie et directeur
des fortifications dAlsace en 1713, après le
retrait de son beau père, Jacques Tarade, en sa faveur.
En cette qualité il fit les campagnes dAllemagne
de 1733/34, y commandant en chef les brigades
dingénieurs. Maréchal de camp le 1er août 1734,
bien que contesté par certains. Il se retira en 1738
pour laisser sa direction à son gendre, Clari de
Perdiguier.
Antoine du Portal laissa de nombreux ouvrages sur les
fortifications.
On ne peut plaire à tous le monde, Cormontaigne
écrivait de lui :
... Ce fin matois, quoique des plus ignorant
dailleurs pour son métier quil ne savait
nullement, à quelques petites mécaniques prés, que le
long usage lui avait inculqué dans la cervelle...
Le ménage de Marie Marguerite Tarade et Antoine du
Portal résidait à Strasbourg ( étant donné
probablement la jeunesse de lépouse), où nous
avons les naissances de leurs enfants, les femmes des
ingénieurs pourtant suivaient souvent leurs maris. Il
eurent dans les douze années de leur mariage, au moins
cinq enfants :
Jean Jacques,
Félix Antoine,
Antoine,
Elisabeth
Françoise.
La famille du Portal, resta un temps en Alsace, puis se
transporta dans le nord, lieu dorigine de la
seconde épouse de Jean Jacques. Là nous navons
plus de nouvelle delle. Des contacts ont-ils été
gardés entre les cousins Tarade et du Portal ?
probablement entre ingénieurs du roi au moins et anciens
de lécole de Mézière, mais les archives ne nous
en laissent pas de traces.
Pourtant, une rencontre heureuse, un jour avec Monsieur
Jacques de Francqueville dAbancourt, à la
frontière entre la Normandie et la Picardie, nous fit
découvrir que ce dernier était à la recherche de son
ancêtre Jacques Tarade, le directeur des fortifications
dAlsace; il descend de Jean Jacques du Portal et me
fournit tout ce quil sait de cette descendance.
Au point de vue de lhistoire de cette branche de la
famille, cest encore louvrage de mademoiselle
Blanchard qui nous en apprend le plus.
1) Jean Jacques, laîné, né à Strasbourg le 28
novembre 1701, fut dabord sous-lieutenant au
régiment dAunis infanterie, à lâge de 8
ans, en 1709. Ingénieur à 19 ans en 1720 et affecté à
Strasbourg sous les ordres de son père. Lieutenant
réformé au régiment de Picardie le 3 avril 1721.
Ingénieur en chef au fort de Kelh en 1733, campagnes
dAllemagne. Chevalier de Saint Louis. Capitaine
réformé en 1739. A la chefferie de Strasbourg de 1740
à 1756. Campagnes de Bohème en 1741/42,
dAllemagne en 1743/44, des Pays-Bas de 1746 à
1748. Lieutenant-colonel le 1er Janvier 1745, colonel le
1er Janvier 1748. Détaché à léquipage du Havre
en 1756/58. Directeur des fortifications en partie de
Normandie le 7 août 1758. Brigadier dinfanterie le
10 février 1759. Maréchal de camp en décembre 1762.
Employé à la direction des fortifications de
lîle de Saint Domingue, tout en gardant celle de
Normandie de 1764 à 1769. Lieutenant général le 16
avril 1767.
Il mourut en activité, à lâge de 71 ans, le 7
janvier 1773 au Havre.
Ce très brillant ingénieur avait en 1741, pris Prague
par escalade, puis fortifia la citadelle et les bords de
la Moldau. En Alsace il fut chargé, entre autre, du
canal de la Bruche (ouvrage de son grand père Jacques
Tarade). Plus tard il donna ses soins à plusieurs ports
Normands. Il fut aussi envoyé à Saint Domingue
pour y construire les ouvrages nécessaires à la
défense de cette colonie, et y établir dans
lintérieur du pays une place forte aussi
importante que celles dEurope .
Il laissa un très grand nombre de rapports sur
lamélioration de la navigation du Rhin et
les bâtiments militaires de Strasbourg ,
sur les ports Normands, spécialement sur
létablissement dun port royal à la Hougue;
enfin un Mémoire général sur la
côte, les ports, lintérieur de la colonie de
Saint Domingue, pour la partie française .
Egalement un mémoire historique sur le château de Caen.
Mais peut-être avait-il pris un peu du caractère de son
grand père Tarade, car il écrivait dans les années
1760 :"Louis XIV, augmentant de tout côté les
fortifications,... on fut obligé d'y employer des
espèces d'architectes militaires..., mais la plupart
d'entre eux... étant de trés médiocre origine
manquaient à l'intelligence nécessaire et quelques-uns
même aux sentiments de valeur et de probité si
essentiels dans les fonctions d'ingenieur.
Ces genres de remarques n'empèchaient pas qu'il soit
apprécié.
Très actif et rangé dans son bureau,
très appliqué. Il sert avec beaucoup dactivité.
Il a beaucoup de service de guerre en commandement et
avec distinction. Il naime que son métier et ne
fait autre chose de la journée. Il a beaucoup
dimagination et dambitions. Il est vif,
zélé, très allant et capable dune direction
. (apostille de Baudoin, directeur dAlsace en
1756)
Bien que très pris par son travail, Jean Jacques eut une
vie de famille, entachée dun deuil,
malheureusement.
Il épousa en première noces à Strasbourg en 1733 Marie
Elisabeth de la Tour-Chatillon-Zurlauben, fille de Béat
François Placide baron de la Tour, lieutenant des
armées, colonel des gardes Suisses, commandeur de Saint
Louis et de Marie Martine de Pinchène. Il neurent
quun fils,
1) Jean Antoine du Portal, qui fut chef de bataillon de
la légion du Cap, île de Saint Domingue chevalier de
Saint Louis.
Marie Elisabeth mourut à Strasbourg le 26 novembre 1736.
Il épousa plus tard à Lille, le 7 janvier 1744,
Marie Jeanne Louise de Rault de Ramsault, fille
dAntoine Charles, ingénieur, directeur des
fortifications de Flandre et de Jeanne Louise de Bernard.
De cette alliance naquirent huit enfants, nous nen
connaissons que trois
2) Antoine Jean Louis né à Strasbourg le 10 avril 1745.
| Pendant et aprés
l'émigration |
Lieutenant dune
compagnie de gardes-côtes le 16 juin
1759. En garnison au Havre. Elève en second
de lécole de Mézière en 1763/64. Ingénieur
ordinaire et lieutenant réformé à 20 ans le 1er
janvier 1765. Affecté à Saint Domingue sous les ordres
de son père. Au Havre en 1769. A Valencienne
lannée suivante. Capitaine à Dunkerque en 1773.
En Corse en 1774/76. A son retour quelque temps à Brest.
Dés 1782 à Bergues. Ingénieur en chef en 1787.
Chevalier de Saint Louis lannée suivante.
Rédacteur du cahier des doléances de la noblesse de
Flandre. Démission donnée le 2 mai 1792, acceptée le
11 juin suivant. Emigré; campagnes de larmée des
Princes, puis avec larmée anglaise de
débarquement de 1792 à 1795.
Prisonnier des Bleus le
30 juillet 1795, Antoine Jean Louis écrit à sa
femme le 2 août 1795:
Dieu qui voit dans mon coeur sait que je
naime et ne regrette que toi et ma chère fille
ainsi que ma tendre mère et mes soeurs...
... Je meurs martyre de la sainte Religion et
de lamour de mon Roi
Il sera fusillé à Auray le 3 août
1795 âgé de 50 ans.
Il laissa un certain nombre de rapports sur la place
de Lille; leva des cartes tant de Normandie, Saint
Valéry en Caux et le Havre, que de Flandre,
Dunkerque.
Antoine Jean Louis avait épousé à
Bergues le 24 juin 1782 mademoiselle Isabelle
Arnaud-Jenty, née à Bergues le 14 mai 1754, qui
était veuve du chevalier de Rault de Ramsault. Ils
neurent quune fille morte en bas âge.
3) Anne Louise Félicité du Portal, née en 1752
décédée en 1824 qui épousa à Bergues en 1805
Augustin Lambrecht, échevin de Bergues.
4) Louise Antoinette Joséphine née en 1761,
décédée en 1847. Elle épousa en juin 1784 Floris
Zilof de Steenbourg dont une descendance vivant
aujourdhui. La famille Zilof garda longtemps au
château de Steene des archives concernant les
du Portal, puis les donna à la bibliothèque
nationale.
Avant de poursuivre avec les autres enfants
dAntoine du Portal et Marie Marguerite Tarade,
voici un extrait des fiches révolutionnaires,
pour la ville de Bergues, qui vit le passage de
nombre de nos ingénieurs familiaux. Les fiches font
ressortir des membres de la famille; certains sont
repérables, dautres moins. Nous ne
rapporterons que ce qui concerne la famille du Portal
dont cest le chapitre ici.
Les motifs portés sur les listes permettaient de
rendre exécutoire les condamnations à la peine de
mort, qui ne furent heureusement pas appliquées pour
certains, la terreur était passée.
- Fille de Ramsault :
en 5° liste.
Quoique noble, nétant que belle fille
démigré et nayant pas de preuves
dincivisme à sa charge. (25 nivose):
en 6° liste.
Agée de 17 ans, belle fille démigré en
arrestation.
- de Ramsault, veuve du Portal, mère.
en 1° liste, 28 décembre 1793, 8 nivose.
-a) mère démigré
-b) nétant pas connue pour avoir du
civisme
en 6° liste, 5 février 1794, 17
pluviose.
-a) mère démigré.
-b) en arrestation na pas montré des
preuves de civisme.
Après la terreur:
Femme respectable, par ses moeurs, par sa conduite
morale et prudente, par son humanité et sa
générosité envers les pauvres dont elle était la
consolatrice et le soutient. La commune renommée ne
parait la charger daucun grief, ni de
connaissance privée ni public....
- Félicité du Portal, fille majeur.
en 1° liste, 1er janvier 1794, 12
nivose.
- Soeur démigré dans le même cas que sa
mère.
en 6° liste.
- Soeur démigré en arrestation, nayant
pas donné de preuve de civisme.
Après la terreur
Même note que sur sa mère, si son âge ne réclame
pas en sa faveur, elle nest que femme
démigré, de la conduite duquel elle ne devait
sûrement pas répondre.
-du Portal
en 6° liste
- Officier au corps de génie, fils de Ramsault veuve
du Portal, et époux de Madeleine Arnault-Jenty.
-Arnault-Jenty, femme du Portal
en 1° liste, 4 septembre 1793.
- Femme démigré, nayant pas manifesté
dattachement à la révolution.
en 6° liste.
- Femme démigré en arrestation.
Après la terreur.
Même note que sur sa mère, son âge paraît
mériter de la même indulgence.
Nous pourrions continuer avec les alliances plus ou
moins éloignées des du Portal, les Verquere, les de
Hau de Staplande, les Lenglé, les David, les
Declerck, les Vandeweghe, les du Hamel de Canchy, les
Zilof de Stenne, les Lauwereyns, les Vernimmen de
Vinckof etc... Il fallait peu de chose pour
être condamné, une seule dénonciation suffisait et
quand il ny en avait pas on en fabriquait,
comme en témoignent les éloges à la mise en
liberté.
(Monsieur Jean Chocqueel dans : Une ville
flamande sous la terreur. Publié en 1950 chez
Douriez-Bataille à Lille.)
Autres enfants dAntoine du Portal et de Marie
Marguerite Tarade
2) Félix Antoine, né à Strasbourg le 13 novembre
1707.
Ingénieur ordinaire à 16 ans en
1723. Affecté sous les ordres de son père à
Strasbourg. Lieutenant réformé en 1726. Retiré
vers 1730. Passé au service de Sa Majesté
Impériale. Lieutenant-colonel et ingénieur des
armées impériales à sa mort.
Il mourut à Vienne en Autriche le 4 mai 1748. On ne
sait pas sil fut marié.
Il se faisait appeler Sieur de Monteau ce
surnom fut-il donné pour faire croire à une
parenté avec la famille du Portal originaire de
Saint Bauzille-de-la-Sylve qui compta plusieurs
conseillers à la cour des comptes de Montpellier et
dont un certain membre sappelait de Monteau.
Cette remarque est également valable pour son frère
qui suit.
3) Antoine du Portal, frère de Jean Jacques et de
Félix Antoine qui précèdent, dit sieur de Sylve,
né à Strasbourg le 16 novembre 1708.
Ingénieur ordinaire à 18 ans en 1726, affecté à
Strasbourg sous les ordres de son père. Lieutenant
réformé à Mézière en 1733. A Charlemont en 1736.
A Metz en 1737. Passé au service de lElecteur
de Bavière en 1740. Y devint
lieutenant-colonel-ingénieur.
Il mourut à Munich avant avril 1754.
Il laissa une étude sur la campagne de S.A.S. Mgr le
prince de Condé contre les armées confédérées de
lempereur de lEspagne et de la Hollande
en 1764.
Il épousa à Metz le 1er mars 1734 Françoise
Antoinette de Sayvelle (Al. de Zaiville), dont il eut
quatre enfants, tous nés à Metz, parmi lesquels.
-Félix Antoine né le 13 octobre 1738, qui fut
mestre de camp de dragons, et épousa Marie Catherine
Jansen née à Aix-la-Chapelle en 1743.
4) Elisabeth, qui épouse à Strasbourg
le 16 septembre 1721 David de Clari,
écuyer sieur de Perdiguier, né à Sauve le 21 août
1681, fils de Jacques de Clari, écuyer
seigneur de Saint Martin, ancien capitaine de
cavalerie, (fils dautre Jacques de Clari
écuyer et de Catherine Gabourne) et de Germaine
dArvieux.
Ingénieur ordinaire et lieutenant réformé à 25
ans en 1706. Campagne dEspagne jusquen
1714, il finit capitaine réformé et brigadier des
ingénieurs à Aire. Chevalier de Saint Louis en
1717. Directeur des fortifications de Bourgogne en
résidence à Auxonne puis Châlon-sur-Saône en
1732.
Expédition dEspagne en 1719, campagne
dAllemagne en 1733/34.
En 1738 il succède à son beau père à la direction
des places dAlsace.
Brigadier dinfanterie le 1er janvier 1740.
Expéditions de Bohème en 1741/42.
Le ménage Clari eut cinq enfants parmi lesquels :
- Jeanne Wilhelmine Frédérique qui épousa un sieur
de Kircheim.
- Marie Catherine Elisabeth qui épousa à Nancy le 7
septembre 1762 Charles de Circourt, fils du baron
Robert de Circourt et de Marguerite du Houx de
Dombasle.
5) Françoise du Portal née le 20 janvier 1711, qui
épousa le languedocien Louis Gaspard Durranc de
Vibrac , dont il est parlé dans le premier volume.
Nous avons donc dans ce chapitre, le départ d'une
descendance vivant aujourd'hui de Jacques Tarade et
Marie Lanier, par Marie Marguerite et Antoine du
Portal. Vous la trouverez résumée dans la page
généalogique de ce site
Descendance de Jacques de Tarade et Marie Lanier
(suite)
Par Jacques Gabriel Tarade
Jacques Tarade et Marie Lanier eurent
donc 8, 10, 12, 15 enfants ? on nen connaît
pas le nombre exacte, dont 7 à 8 garçons, et
lun deux leur donna trois petits fils,
mais ils navaient plus un seul descendant
masculin la génération suivante.
Pourtant sa descendance par les filles est nombreuse,
et nous sommes loin de la retrouver toute
aujourd'hui.
Nous avons donc vu une partie des descendants du
Portal, mais celle des Giraud des Echerolles nous
échappe après 1892, époque des recherches de
monsieur des Gozis.
Ce fut Jacques Gabriel qui donna trois petits fils et
deux petites filles.
Né à Strasbourg le 29 janvier 1693, il fut
ingénieur ordinaire à 15 ans en 1708, affecté sous
les ordres de son père à Strasbourg. En 1709, il
était à Perpignan, puis fit la campagne
dEspagne et revint à Toulon en 1714. Il se
retira du corps des ingénieurs après la mort de son
père. Peut-être navait-il pas vraiment la
vocation ?
Ensuite il devint Gentilhomme ordinaire de la chambre
du roi, chevalier de lordre de Notre Dame du
Mont Carmel et de Saint Lazare.
Il revint donc à Paris où il devait habiter
(ordinaire, voulant dire, rappelons le, quil
était Gentilhomme à temps complet, attaché à la
chambre du roi), et là les contacts durent se
renouer avec les cousins germains, Jean-Luc-Odile et
Sébastien, fils dOdille Tarade et Marie Bon de
Billy ses oncle et tante décédés, et autres
cousins germain Hanicle et Martin, enfants de
Marguerite Tarade et Jean Hanicle décédé et Joseph
Martin, ses oncles et tante, ainsi quavec les
enfants et petits enfants de Michel Villedo, ses
oncles et cousins issus de germain. Il avait à Paris
également son grand père Charles Lanier; on les
rencontre tous les deux, accompagnés ou non
dAugustin Villedo, dans un certain nombre
dactes, notamment ceux qui concernent le
tutorat de ses neveux, car le 1er février 1727, il
sera nommé subrogé-tuteur des enfants mineurs de
Sébastien décédé le 26 janvier précèdent.
Le 6 mars 1734 il épousa à Paris Louise du Pont du
Vivier, élève de la Maison Royale de Saint Cyr, et
fille de François du Pont du Vivier écuyer et de
Marie dAutremont.
De cette alliance sont issus douze enfants dont sept
morts en bas âge.
1) Jacques Louis, mousquetaire du roi de la première
compagnie; on le trouve mentionné avec cette
qualité au mariage de son cousin issu de germain,
Odile Sébastien lorsquil épouse Nicole du
Bois de Chantereine le 20 janvier 1759.
Il mourut célibataire.
2) Jacques François Marie de Tarade
dAutremont, chevalier marquis de Malestros,
seigneur de Postmogüer et de Quémarra en Bretagne.
Il épousa une demoiselle de Malestros de Quemarra
dont il neut pas denfants.
Il participa à laffranchissement des provinces
anglaises dAmérique, qui sont devenue les
Etats-Unis.
Capitaine de vaisseaux du roi et chevalier de
lordre Royal et Militaire de Saint Louis.
Le chevalier Aristide Aubert du Petit Thouars rend
hommage à la bravoure de Monsieur de Tarade
dAutremont...
... La frégate lOiseau
, de 22 canons de 8, sortie de Brest en même
temps que la division de Monsieur dOrvilliers,
pour escorter un convoi allant à Saint Malo, était
prés de lîle de Bas, lorsque monsieur le
chevalier de Tarade, qui la commandait, aperçoit
derrière lui un gros bâtiment quil reconnaît
être une grosse frégate anglaise qui lui donnait la
chasse et devait bientôt le rejoindre. Malgré son
infériorité, monsieur de Tarade se décide à aller
le combattre pour sauver son convoi en serrant la
terre, il vire de bord sur lennemi et
lattaque. Le combat sengage presque
vergue à vergue; il essaie daborder et reste
un demi-quart dheure accroché à la frégate
anglaise, lorsque démâté de son mât
dartimon, et percé à leau par un grand
nombre de boulets, monsieur de Tarade amène son
pavillon, et sa frégate hors détat de
manoeuvrer, est conduite par la frégate
lApollo de 26 canons de 12,
commandée par le capitaine Pownell. Monsieur de
Tarade avait reçu plusieurs blessures pendant le
combat, dont il avait caché les premières, quoique
assez graves, pour ne pas inquiéter son équipage.
Son état-major était composé de monsieur de Baor,
enseigne de vaisseau, messieurs de Halcocq, Danier,
Lecidée et Duclos, officiers auxiliaires et de
messieurs de Belzim et Watrouville, gardes de la
marine.
Sur le rapport du capitaine Pownell, de la défense
glorieuse du capitaine de lOiseau
, monsieur le chevalier de Tarade reçut à
Plimouth la visite des chefs de la marine, qui lui
témoignèrent toute la considération quils
avaient pour la bravoure et la hardiesse de ses
manoeuvres. Il lui procurèrent, et à son équipage,
tous les secours quils pouvaient désirer. Les
blessés furent particulièrement bien traités,
reconnaissant en cela les intentions particulières
quon avait eu à Brest pour le capitaine
Windson qui, de prisonnier de monsieur de Beaumont
était devenu son ami...
Arthur Sixte Nicolas de Tarade rajoute de sa main en
bas de page 107 de la notice généalogique lui
appartenant :
Après linfâme parricide (sic) du
roi Louis XVI, Jacques François Marie de Tarade
quitta la France avec indignation, ne voulant point
servir le gouvernement criminel et révolutionnaire
qui sétait emparé du pouvoir. Il alla offrir
ses services à la Russie. S.M. limpératrice
Catherine II, alors régente lui fit lhonneur
de les accepter. Il obtint un commandement maritime
sur la mer Noire ».
François Marie de Tarade est mort en Russie
avec le grade de contre-amiral
3) Marc Louis de Tarade. Il fit aussi la guerre
dAmérique contre les anglais, et mourut en
1763 à Cayenne où il commandait les troupes
nationales.
Ensuite Jacques Gabriel et Marie du Pont du Vivier
eurent entre autres deux filles, Marie Anne Odile et
Anne Marguerite Andrée.
4) Marie Anne Odile de Tarade naquit vers 1746 et
mourut le 8 septembre 1786 à Saint Gérand de Vaux.
(Curieusement, cette localité compte
traditionnellement des hommes se prénommant
"Odile")
Elle avait épousé en 1767 Etienne François Giraud
des Echerolles, né en 1731, de Gilbert François
Giraud sieur des Echerolles, capitaine au régiment
de Poitou-Infanterie, chevalier de Saint Louis et de
Jeanne Marie Nathalie Aimée Melon du Verdier.
Etienne François mourut en 1810.
Soldat à lâge de 9 ans sous les ordres de son
père, Etienne François reçu à 12 ans un coup de
sabre qui le blessa en travers du visage et fut
fait prisonnier. Il eut encore sept autres blessures.
Son courage, sa bravoure et les services quil
rendit au roi lui valurent la
croix de Saint Louis,
le grade de Maréchal de
Camp et des lettres de noblesse qui lui
furent accordées le 28 novembre 1771. Il obtint en
outre lérection en fief noble de la terre des
Echerolles, jusque là mouvantes de Saint Gérand de
Vaux.
Il fut aussi inspecteur des Haras du Bourbonnais.
Quand arriva la révolution
il avait déjà pris sa retraite, mais au moment de
la création des gardes nationale en 1789, il fut
nommé par acclamation, colonel de celle de Moulin
où il demeurait avec sa famille. Bientôt
dépopularisé puis arrêté, il fut forcé de fuir
en août 1792. Après deux mois de détention, qui
avaient suivi un arrêt dexil, il se réfugia
à Lyon, et prit part au siège de cette ville comme
officier. Après le siège il put gagner la Suisse,
rentra en 1795, et fut expulsé à nouveau le 18
fructidor 1797. Il rentra définitivement en 1799.
Plus tard vers 1803, alors âgé de 74 ans, et
habitant Lyon où il avait une petite place dans les
messageries, il épousa en seconde noces une
demoiselle de Cirlot âgée de 50 ans.
Marie Anne Odile de Tarade et Etienne François
Giraud des Echerolles eurent sept enfants.
1) Martial né vers 1770, officier de cavalerie au
régiment de Royal-Guyenne dés lâge de 13
ans, il émigra en 1791 dans larmée de Condé.
Licencié après laffaire de Liège, il vécut
en Hollande en donnant des cours de français. Rentra
en France en 1796, expulsé à nouveau le 18
fructidor 1797 comme son père, il rentra
définitivement en 1801.
2) Anne Etienne, donné également comme officier au
régiment de Guyenne-Cavalerie, mais les annuaires ne
donnent quun chevalier des Echerolles officier
dans ce régiment à cette époque, alors ?
3) Joseph Marie Etienne né le 17 mars 1775, il
était mort ainsi que son épouse en 1860.
Dit chevalier des Echerolles, il
portait avant la révolution le nom
de Chambolle . Il entra à
lécole militaire de Metz vers 1787, puis fut
officier au régiment provincial de Clermont. Il
émigra peu après son frère, rentra en décembre
1792, prit part au siège de Lyon sous les ordres de
son père, et pu ensuite se réfugier à
Rive-de-Gier; il obtint plus tard sa radiation de la
liste des émigrés et fut réintégré en 1797 dans
le corps dartillerie.
Il habitait tantôt Paris, tantôt le vieux
château de Castel-Nouvel prés de Bonencontre dans
les environ dAgen. Il avait épousé Marie
Louise Lucianne Leygonier, de Séville en Espagne,
qui lui donna onze enfants.
- Marie, née le 25 juillet 1810, épousa en Saxe le
comte de Stallzendorff.
- Louis, né le 11 avril 1813, mourut enfant à
Stuttgart.
- Paul, né en mars 1815, sinstalla à
lîle Bourbon où il mourut peu avant 1892. Il
avait eu au moins trois enfants:
Henry, vivant en 1892 à Sainte Marie de l'île
Bourbon.
Et deux filles vivant en 1892.
- Alexandre, né en 1816, il fut au service de Don
Carlos, mourut en 1837.
- Hélène, née en 1818, Dame de Saint Denis et
chanoinesse de lordre royal de Sainte
Thérèse, elle habitait en 1892 Castel Nouvel.
- Charles, né en 1819, vivait en 1892. Il prit du
service en Autriche et sy établit. Lieutenant
dans un régiment hongrois à Grosswardein, il
épousa en première noces en 1846 Laure Krusper, qui
lui donna un fils au moins,
Alexandre, né en 1848, vivant en 1892, qui épousa
en 1872 Stéphanie Haranère de Gerlitzy, le
jeune ménage habitait Grosswardein, Bihar en
Hongrie, et eut au moins :
Laura, née en 1874
Alexandre né en 1875
Gilbert né en 1880
Charles épousa en seconde noces Gisella de Faure qui
lui donna au moins un fils né en 1878.
- Léocadie, née en 1826, chanoinesse de
lordre royal de Sainte Thérèse de Bavière,
mourut en 1847.
- Marc Antoine, né en 1827, décédé sans alliance.
- Modeste, né en 1830, décédé en 1837.
- Henry, né en 1831 à Agen, vivait en 1892. Il fut
employé dans une administration parisienne, vécut
sans alliances, et se retira à la retraite à Castel
Nouvel prés de sa soeur Hélène.
- Aymar, employé des chemins de fer, il habitait la
région bordelaise en 1892. Il eut deux fils et
plusieurs filles.
Pour revenir aux enfants de Marie Anne Odile de
Tarade et Etienne François Giraud des Echerolles,
nous avons encore :
4) Etienne François Louis, mort en 1783.
5) Odile, née vers 1777, confiée à une nourrice
malsaine, elle devint folle et impotente, et mourut
à 20 ans en 1797.
6) Alexandrine, née en 1779.
Après avoir couru de grands dangers à Lyon et aux
Echerolles, où elle fut tenue en surveillance
pendant plusieurs années, elle devint en 1807
gouvernante des enfants de S.A.R. le prince Louis de
Wurtemberg. Ce fut elle qui écrivit pour sa nièce
Marie, lhistoire de sa famille sous la
révolution, et en publia le très
intéressant récit intitulé Une
Famille Noble sous la terreur
Monsieur de Lamartine, dans son
Histoire des girondins , racontant
le siège de Lyon par les républicains, et les
massacres dont cette ville fut souillée, nommant
Alexandrine Giraud des Echerolles :
... Au nombre de ces victimes suppliciées
dans leur corps et dans leur âme avant lâge
du crime, on remarquait mademoiselle
Alexandrine des Echerolles, privée de sa mère par
la mort, de son père par la fuite; elle venait
chaque jours à la porte de la prison des Récluses
solliciter, par ses larmes, la permission de voir la
tante qui lui avait servi de mère, et quon
avait jeté dans les cachots. Bientôt elle la vit
conduire au supplice et la suivit jusquau pied
de léchafaud, demandant en vain de lui être
réunie dans la mort.
On dut plus tard, à cette enfant quelques unes des
pages les plus dramatiques et les plus touchantes de
ce siège. Semblable à cette
Jeanne de la Force, historienne des guerres de
religion de 1622, et à
lhéroïque et naïve madame de La
Rochejaquelein, elle écrivit avec le sang de sa
famille et avec ses propres larmes le récit des
catastrophes auxquelles elle avait assisté. Les
femmes sont les véritables historiens des guerres
civils, parcequelles ny ont jamais
dautre causes que celle de leur coeur, et
que les souvenirs y conservent toute la chaleur de
leur passion. (Monsieur de Lamartine.
Histoire des girondins. T VII, p 179. 5° édition
1848).
Ainsi sachève notre connaissance de la
descendance Giraud des Echerolles. On peut voire dans
cette ignorance de la suite, une des conséquence
néfaste de la révolution française, par la
dispersion de toute une famille aux coins de la
planète; mais on ne doit oublier de rappeler ses
souffrances en même temps que ses séparations.
5) Anne Marguerite Andrée, (fille de Jacques Gabriel
de Tarade et de Louise du Pont du Vivier ci dessus),
épousa en 1761 Denis François Nicolas de Cappy,
chevalier seigneur dOiry (canton dAvisse,
arrondissement dEpernay). Né le 29 juin 1728,
fils de François Florimont, écuyer seigneur
dOiry, commissaire des guerres et conducteur
général de la cavalerie légère, puis commissaire
de la noblesse pour lélection dEpernay,
et de Marie Louise du Bois (1). Lieutenant-colonel au
régiment de Piemont-cavalerie, chevalier de
lordre Royal et Militaire de Saint Louis;
commissaire de la noblesse de Champagne.
Anne Marguerite Andrée et Denis François Nicolas de
Cappy eurent deux enfants :
1) François Marie, né à Oiry le 17 octobre 1765,
mort en bas âge.
2) Alexandrine Charlotte, née et baptisée le 3
novembre 1768, avec pour parrain, Très Haut et Très
Puissant Monseigneur Charles Daniel de
Talleyrand-Périgord, et pour marraine Très Haute et
Très Puissante Dame Alexandrine Victoire Eléonore
de Damas comtesse de Talleyrand. Elle mourut le 25
février 1832 à la Rochefoucault.
Elle avait épousé, par contrat passé le 7 juillet
1788 à Châlons-sur-Marne, le lendemain à
léglise Saint Eloi de la ville, Joseph de
Lambertie, vicomte de Lambertie, né à Saint Sornin
et baptisé le 15 octobre 1758, fils de Jean
François vicomte de Lambertie, chevalier seigneur de
Cadonas, Pierrefolle et autres lieux, né le 29 juin
1735, mort à Saint Sornin le 19 juin 1820, et de
demoiselle Philippine Thibaud.
Il commença à servir comme volontaire au régiment
de Jarnac, puis fut reçu gendarme en 1771 dans
la troisième brigade des gendarmes dArtois,
commandée par le comte Auguste de Lambertie son
cousin. Il obtint le brevet de lieutenant de
cavalerie et une pension du roi en 1772. Capitaine de
cavalerie il fut fait chevalier de lordre Royal
et Militaire de Saint Louis.
Il émigra pendant la révolution et
mourut à la Rochefoucault le 1er novembre 1841.
Alexandrine Charlotte et Joseph de Lambertie eurent
une fille,
- Louise Wilhelmine Jeanne, née à Nuremberg en
Bavière le 15 mai 1800, tenue sur les fonds
baptismaux par S.A.S. la princesse de Renos, elle
mourut à la Rochefoucault le 30 décembre 1879. Elle
avait épousé après 1820 à Bicé, commune de
Souffrignac (arrondissement dAngoulème),
monsieur Pierre Paul Pintaud qui est décédé à la
Rochefoucaulr le 21 juin 1859 à lâge de 59
ans. Ils neurent quune fille morte en bas
âge.
.(1) Marie Louise du Bois nous conduit à la Famille
du Bois de Chanterenne, dans la descendance
dOdille Tarade; Ceci nous permet de mieux
saisir les liens familiaux qui se croisent et
sentrecroisent.
Redigé
Åge Skjelborg
Novembre 2001
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