Famille Brodin
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LE PATRONYME:

Le patronyme BRODIN est d'origine incertaine. A l'heure actuelle il se trouve concentré en Normandie et en Bretagne.

Selon Jean Tosti dans son dictionnaire des patronymes, serait "..un diminutif de l'ancien français brode: qui peut avoir plusieurs sens: il désigne d´abord le pain bis ( dans ce cas ce serait un surnom donné à une personne au teint mat: dans la région d´Orléans une femme brode était une femme brunette). Mais il s´agit aussi d´un adjectif signifiant lâche, moû, voire efféminé. Difficile de faire un choix. A noter que le patronyme Brode existe aussi..."

Mes recherches en France et à l'étranger nous révèlent cependant que l'on ne peut ignorer une possibité d'une origine étrangère pour ce patronyme.

Dans notre saga familiale a toujours couru le bruit que le patronyme BRODIN serait d´origine suédoise, issu d'un officier de marine ? Partant de cette hypothèse j'ai orienté mes recherches vers ce pays. Celà ne me pris guère de temps pour y découvrir que ce patronyme y est encore  bien courant et se prononce "broudine".

Les discussions avec des confrères suédois ont dévoilé que ce patronyme se serait peut-être formé à partir du nom de la ville de Bro dans la province de Uppland. Des soldats auraient formé et pris des patronymes ayant pour racine le nom de la ville de Bro. C'est ainsi que seraient nés les patronymes suédois comme BRODIN, BROLIN, BRODEN. 
On trouve encore en Suéde des lieux-dits comme "Brodinsåsen" (Commune de Ålvsdalen), que l'on peut traduire par la "colline aux Brodin" mais  la mémoire humaine ne se rappelle pas l'origine du nom. Un certain nombre de généalogistes n'approuvent cependant pas ces hypothèses sur l'origine du patronyme, mais la plupart souligne son origine militaire.

Dans les archives suédoises du 17éme j'ai trouvé aussi bien la forme BRODINIUS/BRODINUS que BRODIN. Si je me réfère à mon expérience des noms norvégiens ou danois de cette époque la forme latine était très souvent prise par des étudiants  de l'époque faisant leurs études en université ou par des prêtres. Ce patronyme a dû aussi avoir un bon renom car j'ai retrouvé dans les archives paroissiales du 18éme un phénomène interessant (à remarquer que ce fait n'est pas unique dans la généalogie scandinave) où les parents s'écartent de la tradition scandinave de formation des noms de famille (où le patronyme est basé sur le prénom du père + son/sen pour le fils ou datter/dotter pour la fille) pour donner aux fils le patronyme BRODIN ! En général cette manière de faire avez pour but d'honorer une personne proche (le parrain par exemple) ou une personne célèbre. Pour les Brodin j'ai de nombreux exemples aussi bien en Norvège qu'en Suède. Il ne m'a cependant pas été possible de trouver la cause de la popularité de ce patronyme.
Quelques :
a) un Per Nillson (maréchal) donne à un de ses fils né en 1750 le nom Simon Brodin, alors que sa fille née en 1746 sera baptisée avec nom qui suivra la tradition: Catharina Persdotter (Catherine fille de Per).
Note: Aucun des descendants (5 au total) de Simon ne portera le nom Brodin
b) Nils le jeune Winter né en 1764 à Bredbyn donnera le nom Per Brodin à son fils aîné né le 4-2-1799
c) Per Larsson né env. 1696 à Floda donne à son fils aîné le nom mixte Lars Persson Brodin (né en 1725)

 Dans ce même pays au 18éme on retrouve le nom BRODIN lié à un groupe de familles d'armateurs et de commerçants concentrées autour de la ville de Gävle. Leurs activités à cette époque étaient liées à la "route du fer" (voir ci dessous). Leurs traces se retrouvent jusqu'à nos jours dans la compagnie maritîme Brodin "Brodin AB" qui a des filiales jusqu'en Amérique du Sud.                        

A noter que d'autres sources indépendantes m'ont indiqué la possibilité d'une origine suédoise:
- Une famille BRODIN espagnole fait allusion à un officier suédois envoyé au 17éme comme émissaire du roi de Suède, en Belgique ou dans le nord de la France,  pour des questions de production de fer, les familles dans le cours de l'histoire auraient ensuite émigrées vers l'Espagne via la France. Au moment des guerres napoléoniennes au front de Saragosse (1808) on trouve des BRODIN qui luttent contre les troupes françaises.
En Espagne on m'a signalé une maison dans un petit village de la province de Teruel, à un endroit s'appelant le Maestrazgo, avec un portail sculpté portant la mention BRODIN 1802.

- Une famille BRODIN française fait état de l'origine de leur famille à partir d'un suédois ayant pour nom Stanislas Brodin et qui aurait été médecin à la cour de Henry IV ?? (si un jour vous tomber sur des renseignements sur ce mr. vous êtes les bienvenus de m'en faire part)

Aux USA les familles de BRODIN étudiées  sont soit issues d'émigrés suédois arrivés vers les années 1650 où de familles arrivées pendant le grand exode scandinave du XIXéme.

 Enfin, j'ai aussi rencontré le patronyme BRODIN en Irlande, dans les archives du comté de Clare. (http://clareweb.com/eolas/coclare/genealogy). Il y est fait mention d'une confrèrie de franciscains à laquelle se joignirent des personnes issues de familles connues irlandaises. Plusieurs de ces franciscains ont laissé leurs traces au travers de l'Europe et ont  porté les patronymes BRODER, BRUDER, BROUDIN, BRODIN, BROIDIN, BRODERICK, Ó BRUADAIR. Un des franciscains issus de cette confrérie d'Ennis , Bonaventure Broudin, dispensa vers les année 1690 son enseignement philosophique à l'université de Prague.

 MA LIGNÉE DES BRODIN :

-Début de l´acte du mariage catholique de Jacques Siméon Brodin-

Ce qui est connu commence en 1796, nous sommes dans la région de Vire. Jacques Siméon Brodin qui est toilier" se marie catholiquement et très probablement secrètement avec Marie Roulier (je le vois mal se marier devant un prêtre ayant prêté serment à la Révolution !). Ce qu´ils ne savent pas c´est qu´ils sont déjà pris dans l´engrenage de l´Histoire. La Révolution est loin d´être finie, la répression contre la religion s´intensifie (les mesures contre les prêtres réfractaires sont en date du 16/7-1797). Les Brodin de cette période sont de fervents croyants... celà aura des conséquences fatales pour plusieurs d´entre eux...

Ce qui se passe pour le couple entre 1796 et avril 1798  n´est pas connu. Par contre le 11 mai 1798 naquit leur fils Pierre Brodin , dans l'acte de baptême il est mentionné que le mari est alors "hors du foyer"? En date du 29 juillet nous avons la première lettre de Jacques Siméon, il est déjà détenu. Quand fut-il arrêté (l'était-il déjà à la naissance de son fils?) et pourquoi ? Il faudrait avoir accés à son dossier de condamné révolutionnaire pour le savoir.

Le contenu de ses lettres nous fait penser qu´il aurait été victime de délations " ..de gens qui me veulent du mal..." comme il dit. Celà est fort possible, comme beaucoup de régimes de terreur la Révolution faisait de la délation une vertu et une arme pour combattre "les traitres de la nation", combien d'innocents ont ainsi perdu la vie ?
Ses lettres sont un témoignage émouvant, on le voit tour à tour engagé dans son combat pour sa foi qu´il défend contre le diable (personnifié par la "cocarde") , tendre et prévenant vis à vis de sa femme et son enfant. Elles sont aussi un bref coup d´oeil sur les conditions carcérales de l´époque, il nous dépeint entre autres les brimades dont les détenus religieux sont victimes  "... des croix nous ont été peintes sur le visage et sur le corps..." . Il restera emprisonné pendant un an , puis le 29-07-1799 il écrit une dernière fois: " Mes très chers parents et amis, je vous fais mes adieux, je vais paraître devant Dieu..."

Adieux de Jacques Siméon Brodin, le jour d´avant d´être guillotiné

-Dans la même lettre il fera aussi ses adieux à sa femme , à son enfant et se recommande à tous les bons catholiques-

Que s'est-il passé ensuite ? Les résultats des dernières recherches faites en 2002, contrairement à ce qu'était la croyance générale dans la famille, montrent que les 2 frères Jacques Siméon et Guillaume Marin Brodin furent fusillés à Caen ,le 29 juillet 1799, par les autorités militaires et non pas guillotinés . Les différents documents en notre possession montrent qu'ils furent éxécutés très peu de temps après l'envoi de la lettre ci-dessus. Dans les archives de la même prison, à la même période, a été trouvé l'acte de décès "d'une fille Brodin âgée de 18 ans de Romagny et de parents inconnus", elle décéde folle.Derrière ce décès, ne se cache-t-il pas un drame encore plus grand pour cette famille ? Jacques et Guillaume étaient  en effet eux aussi nés à Romagny et leur soeur cadette Anne Perrine née en septembre1780 aurait eu 19 ans en septembre 1799 !!!?

La révolution fut vraiment impitoyable pour cette famille comme vont nous le montrer les lignes suivantes:

Un vicaire (du Piré en Bretagne) Pierre Brodin aura lui aussi un sort très particulier. Les évenements qu'il dut subir nous sont relatés dans  "La Semaine Religieuse" de 1894. Ce vicaire refusa de prêter serment à la Révolution et continua secrètement ses fonctions écclésiastiques, comme les autres vicaires du même lieu. Il se cacha aussi pour échapper aux révolutionnaires," ...il fut malheureusement reconnu, emprisonné et condamné à la déportation. Le 11 mars 1798 il fut embarqué pour Cayenne après une longue détention à Rochefort...." . Il fut libéré du bagne le 2 janvier 1801. L´histoire aurait pu s´arrêter là, mais.. le navire français qui le rapatriait fut attaqué et capturé par un navire anglais. Notre pauvre vicaire n´était pas à la fin de ses malheurs, fait prisonnier par les Anglais il fut jeté dans les prisons de Plymouth. Heureusement, sa détention ne dura que jusqu'en mars 1801. A son retour en France il fut nommé en 1803 recteur en Bretagne à Noyal-sous-Bazouges où il sera jusqu'en 1815.

En 2002 il nous a été possible de démontrer grâce aux archives d'Aix en Provence et les renseignements que nous avions nous même trouvés que le prêtre réfractaire Pierre Brodin n'était autre que Pierre Julien Brodin frère des deux qui furent éxécutés en 1799. Il fut un des rares qui revint sain et sauf des camps de la mort de Counamama et de Sanamary en Guyane française.